Dossier : encadrement et formation continue

Encadrement et formation continue

Le doctorat est la plus haute qualification dans l’enseignement supérieur et la recherche. Pourtant, il n’est accessible qu’à une minorité d’étudiant-e-s. C’est d’ailleurs pour cette raison que la France fait partie des pays qui forment le moins de docteur-e-s au sein des pays de l’OCDE. Il est donc urgent de démocratiser le doctorat. Pour assurer une formation doctorale de qualité, la FENEC se bat pour la mise en place d’un statut protecteur qui garantit des droits à l’ensemble des doctorant-e-s.

 

Un statut qui garantisse un encadrement de qualité

 

Depuis plusieurs années déjà, nous rappelons que les problématiques de financement sont en grande partie responsables des abandons de thèses. Mais ce fort taux d’échec s’explique aussi par un manque d’encadrement de celles-ci. En effet, le bon déroulement du travail de recherche est censé être garanti dans les textes par l’école doctorale qui doit veiller au respect de la charte des thèses[1], bien que celle-ci soit propre à chaque établissement. Ainsi, dans les faits, rares sont les chartes de thèses contraignantes dans le contenu que doit recouvrir cet encadrement. Aucune limitation n’est fixée quant au nombre d’étudiant-e-s que doit encadrer un directeur de thèse ni le rôle concret que celui-ci doit assurer jusqu’à la soutenance.

D’un point de vue matériel il y a également une différence entre ce que prévoient les textes et les véritables conditions de travail des doctorant-e-s, beaucoup d’étudiant-e-s n’ont pas accès à un poste bureautique, ou même à des centres de documentation.

 

La FENEC revendique :

  • La limitation du nombre de doctorant-e-s par directeur de thèses en fonction des filières, ainsi qu’une définition précise de cet encadrement (définition du rythme de rencontres régulières dès le début du doctorat par exemple)
  •  Un comité de suivi individuel du doctorant qui soit un appui pour le doctorant, comme prévu dans les premières versions du nouvel arrêté doctoral
  • Un accès pour chaque étudiant à un poste bureautique personnel, un accès internet et une couverture de tous les centres de documentation de l’université, y compris ceux réservés aux Enseignants-Chercheurs.

 

Une formation continue pour tous les étudiants-chercheurs

Avant tout étudiant, les doctorant-e-s sont aujourd’hui les grands oublié-e-s des politiques de formation continue dans les universités. La situation est aujourd’hui alarmante dans la mesure où la formation n’est plus seulement stagnante, elle se voit même menacée de reculs importants (la région parisienne a par exemple vue il y a peu sa principale structure de formation à l’enseignement supérieur, le CIES, être supprimée).

La thèse, en tant que travail scientifique individuel est bien entendu la principale échéance du doctorat. Cependant, la mise en place progressive des parcours doctoraux ces dernières années (normalisant une règlementation européenne datant du processus de Bologne[2]) peuvent être une opportunité nouvelle de revendiquer un cadre de formation continue pour les doctorant-e-s. En effet, les parcours doctoraux renvoient la thèse à une validation classique par « ECTS », la thèse comptant pour la majeure partie de ceux-ci et le parcours doctoral pour le reste.

Le cadre de ces parcours doctoraux est mis en place par les écoles doctorales (soumis à la validation de la commission de la recherche de l’université). Bien souvent ceux-ci encadrent des initiatives déjà existantes comme la participation à des colloques, la publication d’articles, voire même l’enseignement. Cependant, ces parcours doctoraux doivent être l’occasion de revendiquer la mise en place d’une formation doctorale continue par le biais de nouveaux séminaires de recherches, notamment pluridisciplinaires.

Au-delà des séminaires de recherche, les doctorant-e-s doivent avoir accès à une formation méthodologique tout au long de sa thèse afin d’améliorer ses compétences dans les différents travaux qui seront les siens : aide à la rédaction d’un article, à la communication scientifique, formation sur des outils informatiques utiles à la thèse (zotero par exemple), etc.

En outre, beaucoup de doctorant-e-s seront amenés à donner des cours soit durant leur période de thèse (D.C.E, chargés de TD), soit par la suite si leur débouché professionnel est l’enseignement. Par conséquent, il est important qu’une formation à la pédagogie soit effective, comme l’a intégré le nouvel arrêté doctoral.

 

La FENEC revendique :

  • Une formation continue pour tous les doctorant-e-s : un cadre pédagogique pour améliorer ses compétences méthodologiques nécessaires à l’écriture de la thèse mais également à la publication d’articles, la communication en colloque, etc.
  • L’accès pour tous les chargés de TD à une formation enseignante dès la première année

 

Développer la mobilité nationale et internationale

La mobilité est un élément qui joue dans l’insertion des doctorant-e-s au sein de sa communauté scientifique, sur le plan international elle est même devenue une condition déterminante. Elle lui permet d’étayer son travail de recherche, d’être en contact avec des personnalités du monde de la recherche susceptible de le faire progresser et développe l’ouverture et l’interdisciplinarité, notamment dans le cadre d’évènements scientifiques ponctuels (colloques internationaux, congrès, etc). Or, le coût important de cette mobilité (aussi bien sur le plan national qu’international) rend le processus quasi impossible dans un contexte de forte précarisation des doctorant-e-s. Dans ce contexte il est désormais urgent de mettre en place une aide universelle à la mobilité.

Sur le plan international, les doctorant-e-s, en dehors de la possibilité d’obtention de (rares) bourses à l’étranger, est soumis à la décision du collège des écoles doctorales de son université, se réunissant annuellement autour des différents projets présentés. La forte baisse des budgets alloués à ces mobilités ont rendu ces projets difficiles à réaliser dans la mesure où beaucoup de sommes accordées (lorsqu’elles le sont) ne peuvent couvrir les frais de déplacement dans leur intégralité.

Au sein même des universités françaises, les remboursements de frais de transports sont encore aujourd’hui difficiles à imposer à chaque école doctorale. Ceux-ci sont pourtant primordiaux afin que chaque doctorant-e puisse se déplacer lors d’évènements scientifiques le concernant.

 

La FENEC revendique :

  • Le remboursement systématique des frais de transports liés au travail de la thèse, que ce soit dans le cadre de la communication scientifiques ou de recherches extérieures à la ville où est implantée l’université.
  • Une aide universelle à la mobilité permettant à chaque doctorant-e de pouvoir se rendre à l’étranger, au moins une fois dans le courant de sa thèse, afin d’approfondir ses recherches dans une université locales et pouvant lui permettre de progresser dans son travail.

 

[1] Voir le texte de la charte des thèses type, article 3, « Encadrement et suivi de la thèse » : http://www.education.gouv.fr/bo/1998/36/sup.htm

[2] Voir ici le « Communiqué de Bergen » relatif à l’avancement des négociations sur le processus de Bologne, p. 4, IV : « la création d’opportunités pour des parcours flexibles de formation dans l’enseignement  supérieur, y compris l’existence de dispositions pour la validation des acquis » http://www.ond.vlaanderen.be/hogeronderwijs/bologna/links/language/2005_bergen_communique_french.pdf

Publicités
Cet article a été publié dans Dossiers. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s